Il est à peu près impossible de reconstituer l’état de
l’enseignement dans la paroisse de Guiry sous l’Ancien
Régime. Toutefois, grâce à des pièces d’archives et à la
tradition nous connaissons l’un des plus anciens locaux
d’école, situé près de l’église, et adossé au mur nord
du cimetière, "...local exigu, malsain, dont la façade donnait sur
la grande rue et qui était composé de deux pièces au rez de
chaussée. "
La première pièce d’une surface de 15m carrés environ dont
l’entrée donnait sur la rue, servait d’école; de cette
pièce on avait accès dans la deuxième servant de cuisine, par un
escalier de 4 marches.Cette dernières pièce était particulièrement
malsaine. Deux pièces délabrées se trouvaient au premier. Une porte
avait été aménagée dans le mur du cimetière pour faciliter au
maître l’exercice de ses fonctions accessoires, comme celles
de sonner l’angélus, de remonter l’horloge, de clerc
etc. Quel était l’enseignement ? Il est vraisemblable que les
programmes de cette époque consistaient uniquement dans
l’apprentissage des prières, du catéchisme, et dans
l’étude sommaire des deux premières opérations de
l’arithmétique. L’hiver, les enfants étaient renfermés
dans ce local mal aéré, mal éclairé; grelotant le plus souvent, car
le chauffage était souvent réglé avec parcimonie suivant la
quantité de branches et de fagots qu’apportaient les enfants
chaque matin, à leur entrée en classe.
En feuilletant les registres de catholicité, parmi les maîtres
d"école, nous relevons les noms de Guy-Joseph Primon en 1660,
Marchand en 1671, Jean Roussel en 1689, Ramier en 1725, lesquels
signent en qualité de clercs, et qui très probablement étaient
chargés de l’éducation des jeunes enfants. Dans tous les cas,
ils exerçaient assurément d’autre professions, tel un nommé
Louis-Charles Sauval que nous retrouvons sur les registres entre
1765 et 1817 date de sa mort..." Il fut tour à tour, épicier,
marchand de blé, agent municipal, adjoint au maire. Il a laissé son
nom gravé sur le mur de la cave du bâtiment actuel de la
mairie.
"Aucune connaissance particulière n’était alors exigée des
maîtres ... Tout le bagage scientifique et littéraire consistait à
savoir bien lire le français et le latin, écrire lisiblement,
savoir la pratique des quatres opérations de l’arithmétique
et surtout bien chanter au lutrin ...
Au XVIII siècle, riches ou pauvres payaient selon l’âge de
chaque écolier une faible rétribution, Le clerc devait donc vivre
"de pitié" avec les fruits du cimetière (car il y avait alors des
arbres dans ce dernier), les restes du pain bénit, l’aumône
provenant de la distribution de l’eau bénite le jeudi et le
dimanche. La dîme des oeufs de Pâques et quelques autres
accessoires augmentaient son maigre budget, qui lui permettais tout
juste de ne pas mourir de faim.
Dans le courant du XIX siècle, le chevalier de Guiry,
Alexandre-Louis-Claude, frère de Charles-Angélique marquis de Guiry
vendit à la commune de Guiry le bâtiment actuel de la mairie, dans
lequel dut installée l’école. Ce local ne se composait que de
la salle de classe, d’une cuisine et d’une chambre au
rez de chaussée. Au premier étage deux chambres à coucher. Le
maître d’école d’alors était Jérôme Flichy qui resta en
poste de 1825 à 1848. Ce n’est qu’en 1881 que le
bâtiment fut restauré, mais les moyens de la commune étant limités,
les travaux ne consistèrent que dans l’aménagement plus
confortable d’une maison faite primitivement pour une toute
autre destination. Cette école avec des hauts et des bas resta
ouverte jusqu’aux années 50, puis un nouveau bâtiment fut
construit hélas pour peu de temps. De nos jours, bien que Guiry
possède une nouvelle école, l’enseignement comme dans
beaucoup de communes est dispersé dans diverses écoles du
canton.
Si de nombreux maîtres d’école n’ont fait que passer à
Guiry, il en est qui ont consacré une partie de leur carrière aux
enfants de Guiry. Jérôme Flichy est resté 23 ans de 1825 à 1848.
Alexandre-François Boutillier 23 ans de 1850 à 1873. Quant à
Henri-Romain Branchu, 43 ans de 1876 à 1919. Il était le fils de
Albin-Denis Branchu, cantonnier de Buhy et de Lucie-Adelaïde
Sedille. Il avait épousé Aimée-Albertine Coville fille du garde
champêtre de Gadancourt. Attaché au Vexin où il avait ses racines
il consacra sa vie à l’éducation des enfants de Guiry.
Texte de J. Sirat, d’après des notes de R. Branchu, tiré du
bulletin municipal de 1999 n°21